Vendredi 13 novembre 2009

INTRODUCTION

Osée Ouvre la liste des petits prophètes. Il couvre la période depuis 750-720 avant Jésus Christ. Osée devient porte parole de Dieu dans le royaume d’Israël une dizaine d’année après Amos, c’est à dire vers 750 avant Jésus Christ. Il y restera environ vingt cinq ans, soit presque jusqu’à la prise de Samarie par les Assyriens et à la disparition du royaume d’Israël en 722-721.[1] . Originaire du royaume du nord, Osée est le contemporain d’Amos, puisqu’il a commencé de prêcher sous le règne de Jéroboam ; son ministère s’est prolongé sous les successeurs de ce roi. Mais il ne paraît pas qu’il est vu la ruine de Samarie en 721.

Au départ Osée raconte son histoire personnelle, l’échec de son mariage avec « une prostituée ». Gomer a donné trois enfants à Osée ( 1,2-9) sans abandonner ses pratiques idolâtres. Osée l’a vraiment aimé et Gomer lui avait promis fidélité. Mais son vice invétéré l’a emportée. Entre colère et tendresse, Osée espérait toujours la voir revenir. Un immense pas est franchi, il n’est plus question de la lapider. Osée n’écrit pas pour raconter l’histoire de son couple . En fait, Gomer ressemble à l’histoire du peuple d’Israël . Elle fut tirée de la prostitution par Osée qui lui promit fidélité, Israël fut tiré de l’esclavage d’Egypte pour entrer dans l’Alliance avec le Dieu d’amour. Mais une fois sorti d’Egypte, Israël entra en contact avec les Cananéens qui pratiquaient le culte de Baal avec les ivresses, fête joyeuse et la prostitution sacrée. Osée connaissait tout cela. Puis Israël se disait que deux dieux valaient mieux qu’un seul, on ne sait jamais ! Voilà Israël revenu à l’idolâtrie, aux pratiques divinatoire et aux prostitutions.(Os4,12). Osée se devait de s’élever contre ces pratiques. Ce qui lui est propre c’est d’avoir comparé ses propres difficultés avec les reniements de l’alliance par Israël. Son histoire pouvait être lue comme une parabole. D’où la vie d’Osée devint prophétique. Les mots qu’il emploie pour désigner l’infidélité de sa femme Gomer conviennent parfaitement aux infidélités d’Israël : prostitution, débauche, adultère, souillure, trahison. Le livre d’Osée est d’abord un acte d’accusation. Menaces de châtiments, demande de comptes vont alterner avec des appels au repentir, remise en route vers le Dieu d’amour comme jamais entendues auparavant  dans la Bible.

Pour mieux comprendre l’histoire du prophète d’Osée, nous allons faire une étude approfondie du livre. D’abord la présentation qui comprend l’origine du livre, sa formation et son genre littéraire. Ensuite, la vie et le message du prophète. Enfin une étude du livre c'est-à-dire relever les parties, le contenu du livre et une actualisation de nos jours.

 

I.                   PRESENTATION DU LIVRE

I.1.        Contexte historique

Le titre du livre donne l'essentiel du contexte historique. Osée a commencé son ministère vers 745, peu après Amos. ‹‹ Parole de Yahvé qui fut adressée à Osée, fils de Beéri, au temps d'Osias, de Yotam, d'Achaz et d'Ezéchias, roi de Juda et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël ››. Osée ne mentionne qu'un roi pour le royaume du Nord. Le dernier roi d'Israël lui aussi s'appelle Osée et régna de 732 à 724. En 724, Samarie est investie par les armées de Salmanasar V. En 721, Sargon II la prend et la réduit en ruine. L'élite de sa population est déportée en Assyrie et ce sera la fin du royaume d'Israël. Les menaces des prophètes se sont ainsi accomplies. Le territoire est réduit en provinces assyriennes et reçoit des colons (2R17, 24). Ce mélange ethnique eut de graves conséquences religieuses: les colons introduisirent leur culte, tout en acceptant celui de Yahvé, considéré simplement comme une divinité locale qu'il fallait se concilier (2R17, 26-28). A partir de la chute de Samarie, les destinés du yahvisme se concentrent dans le royaume de Juda.

Pour Osée, il est pratiquement le dernier roi avant la prise de Samarie en 722. Dans le livre d'Osée, le royaume du Nord est souvent appelé Ephraïm. Le message d'Osée concerne surtout le royaume du Nord (Os1, 4). Mais Juda est aussi souvent mentionné. Dans la dernière partie du livre, il est souvent fait mention de "Jacob" pour désigner l'ensemble du peuple, Nord et Sud. Le prophète se reporte à l'unité originelle du peuple, avant le schisme.

Du point de vue du contexte socio-politique, la scène internationale est dominée par l'Assyrie et l'Egypte qui sont souvent mentionnées ensemble dans le livre d'Osée. Plusieurs passages d'Osée laissent clairement apparaître que des tentatives étaient faites aussi bien par Israël que par Juda pour établir des contacts diplomatiques avec ces deux pays, pour assurer leur sécurité (Os5, 13 ; 7, 11; 8, 9). De telles attitudes ont souvent été condamnées par les prophètes. Israël ne doit chercher appui qu'en Dieu seul. Ces nations, surtout Assour, au lieu d'être le protecteur d'Israël, s'en emparera (Os9, 3). Avec la chute de Samarie, ce sera la fin du luxe. Enfin, en ce qui concerne le contexte religieux, le nom d'Osée signifie "Dieu sauve" et semble être originaire du royaume du Nord. Il appartenait vraisemblablement à la petite bourgeoisie terrienne du Nord. Nous n'avons aucun renseignement sur ce prophète en dehors de son livre. Il y a discussion pour savoir si ce qu'il dit de son mariage est un fait réel ou une simple parabole.

 

 

 

I.1.1. origine et formation

Une  remarque quelque peu désespérée d'Os14, 10 : qui est assez sage pour comprendre ces choses? Ce passage donne une indication de la complexité du livre et de l'histoire de sa formation. Plusieurs observations indiquent clairement que le livre n'a pas été rédigé d'un seul trait: il ne peut pas non plus avoir été écrit entièrement au 8ème  siècle avant notre ère, bien que ce soit souvent le contexte historique des années 735-720 qui semble être présupposé. En effet, la plupart des accusations paraissent s'adresser au royaume de Juda à la veille de sa disparition sous les coups des Assyriens. Dès (Os4, 17) les destinateurs sont fréquemment appelés "Ephraïm" (un trait presque exceptionnel dans l'ensemble des  douze prophètes)

Dans l'état, actuel,  le  livre présuppose donc  clairement  la fin  du royaume de Juda et les espoirs eschatologiques de l'époque  perse. Tout en contenant de nombreux passages qui pointent  vers une date plus ancienne, dans la seconde moitié du 8ème siècle.

Il faut noter les différences  de style et contenu qui existent entre Os 1-3 d'un côté et Os4-14 de l'autre côté.  On peut observer dans certains textes en Os 1-4  des similitudes avec le style et de la théologie deutéronomiste. Un autre problème est soulevé par l'apparition souvent abrupte et inattendue des annonces de restauration, lesquelles se trouvent dans une certaines tension, avec les notifications d'anéantissement dans la mesure où ces dernières sont prononcées sur un ton définitif.

L'ensemble de ces observations et de ces problèmes nécessite de toute évidence des explications qui s'appuient sur des hypothèses diachroniques concernant la formation du livre.

Il est difficile de parler d'un consensus quand à la formation du livre d'Osée. Néanmoins, il est possible de cerner les grandes étapes de la mise par écrit du livre en tenant compte des observations suivantes: d'une part, certains textes en Os4, 9 s'expliquent au mieux dans le contexte des années 733-722: Nissinen a observé avec raison de nombreux parallèles avec le langage et l'idiologie des traités assyriens de vassalité. Il semble donc plus logique de dater de tels textes de l'époque assyrienne 8ème et 7ème siècle que de l'époque postexilique. D'autre part, il existe clairement des traces de relecture judéenne. Une telle observation implique que le livre d'Osée a également fait carrière en Juda et ne saurait en aucun cas être considéré comme un produit du Nord. Enfin, certaines attentes eschatologiques qui s'expriment en Osée possèdent leurs meilleurs parallèles dans des textes prophétiques de l'époque perse. Certains textes dans cet ensemble font allusion aux destructions et aux déportations de 732 ou de 722 lorsque Samarie est détruite par les Assyriens. A la suite de la révolte du roi Osée qui pensait pouvoir s'appuyer sur l'Egypte, le prophète qui pourrait se trouver derrière ces oracles, est donc l'équivalent nordiste du prophète judéen Esaïe, dont le mémoire en Es6, 9 provient de la même époque. Comme Esaïe, le prophète Osée qu'on peut deviner derrière Os4, 9 doit avoir accès à la cour (Landy): il n'est certainement pas un Lévite de campagne marginale.

 

I.2. Genre littéraire

Le livre d'Osée est un livre prophétique car il contient essentiellement des prophéties prononcées par le prophète. On retrouve également des oracles qui sont des déclarations solennelles faites au nom de Dieu au sujet d'un événement heureux ou malheureux qui se réalisera dans un avenir prochain. La parole prophétique est une parole qui vient de Dieu, mais qui s'exprime au travers d'hommes et de femmes de divers horizons socio-politiques. Dans ce livre, on a donc des oracles de condamnation et des oracles de salut. Tous ces oracles s'adressent au peuple de Dieu à un même moment de son histoire. Les avertissements qu'ils contiennent sont motivés par une situation religieuse, morale, sociale ou politique précise. Les promesses divines que transmet le prophète sont aussi liées à cette situation. Mais elles dépendent surtout du dessein de Dieu. Elles révèlent le caractère de Dieu.

On y rencontre en plus des exhortations. L'exhortation est souvent au conditionnel. Le malheur est présenté comme évitable, le bonheur comme possible. Le but de l'exhortation est de convaincre, d'où un certain lyrisme et un appel au cœur. Le livre d'Osée contient également des allégories, en particulier dans le chapitre I et III qui racontent l'histoire du prophète et de sa famille. Dieu avait demandé à Osée d'épouser une femme qui est présentée comme adultère. Les trois enfants sont des enfants de prostitution et portent des noms symboliques.

 

II. VIE ET MESSAGE DU PROPHETE

II.1. Vie du prophète

Tout ce que nous savons de lui, c'est par son livre que nous le savons. Cela ne nous permet pas de décrire sa biographie. Mais il y a dans la vie d'Osée deux faits d'importance: l'un est l'appel que Dieu lui adresse (Os1, 1ss); l'autre est son expérience conjugale (Os1 et 3). Elle nous est racontée d'abord au chapitre I à la 3ème personne puis au chapitre III à la 1ère personne. Les circonstances exactes ne sont pas claires. Mais ce qui est sûr, c'est qu'Osée a épousé, sur l'ordre de l'Eternel, une femme nommée Gomer dont il nous est dit qu'elle était une prostituée et qu'elle lui a été infidèle (Os1, 2; 3, 1). Certains commentateurs ont pensé qu'il ne s'agit pas d'une histoire réelle, mais d'une sorte de parabole mimée. Mais la plupart pense que les faits se sont bien passés. Ce que nous apprenons par contre c'est que ce mariage a pour but de manifester l'infidélité d'Israël à son Dieu, comparable à celle d'une femme adultère envers son mari. Ce mariage est un geste symbolique (on en trouve d'autres chez les prophètes: Jr 13, 1-11; 19, 1-13; Ez 4 et 5). Mais ce geste symbolique d'Osée a une portée beaucoup plus grande qu'une simple dramatisation ou qu'une parabole en acte. Car c'est une réalité que le prophète vie dans sa chair, dont il souffre profondément: sa femme lui est infidèle, et pourtant, il ne cesse pas de l'aimer

 

II 2. Message du prophète

Le message qu'Osée communique au peuple d'Israël est d'abord et surtout la proclamation de l'amour fidèle et persévérant de Dieu. Mais c'est en même temps un appel à la repentance et la menace d'un châtiment si Israël ne se repent pas. Au chapitre I et III nous avons le mariage malheureux du prophète: les noms des enfants d'Osée (dont le 3ème au moins n'est pas de lui. Jezréel signifie "Dieu sème". Mais cette vallée a surtout laissé le souvenir d'un lieu de bataille (Jg4, 12-16) et de massacre (2R10, 1-10). Lo-Ru Chama signifie "Pas aimé" ou dont on n'a pas pitié, Lo-Ammi signifie "pas mon peuple". Ce sont donc là des noms symboliques qui annoncent le rejet des enfants d'Israël à cause de l'infidélité de leur mère (la nation).

Au chapitre II, nous avons la révélation de l'amour de Dieu trahi par Israël. L'alliance conclue entre Dieu et son peuple est ici assimilée à un mariage. D'autres prophètes (Jr2, 2; 3, 1-12; Ez16 et 23; Es54, 5-10) ont repris ce thème. Jésus lui-même se présente comme l'époux (Mt22, 1-14; 25, 1-13) et Paul parle de l'amour du Christ pour l'Eglise comme modèle de l'amour d'un mari pour sa femme (Ep5, 23-25). C'est par amour que Dieu a choisi Israël et a fait alliance avec lui. Dans cette perspective, le péché, c'est avant tout la trahison de l'amour, l'infidélité, la prostitution. Ce chapitre comporte deuxièmement l'annonce de la réconciliation entre Israël et son Dieu, la vallée d'Acor (vallée du malheur) qui devient une porte d'espérance.

 

III. ETUDE DU LIVRE

Le livre d’Osée peut être divisé en deux parties: chapitre 1–3 (le mariage d’Osée et sa valeur symbolique.) et chapitre 4-14 (les oracles).

Chapitre1-3

Nous commencerons par les chapitre1 et 3 qui forment un tout homogène. On peut penser que la vocation du prophète est en relation directe avec son mariage. Wénin fait remarquer ce long poème des ch. 1-3 s’organise en trois parties ; par trois fois on passe d’un état négatif décrit comme adultère ou prostitution à un état positif qui inclus le pardon de Dieu et la conversion du peuple.

1,2-5 et 3,1-5 : les mêmes éléments dans les deux textes : ordre divin, exécution et explication. Quel rapport y a-il entre ces deux textes ? Diverses solutions ont étés avancées :

La première solution : Osée a-t-il marié deux femmes différentes ? Il aurait d’abord marié une femme engagée dans le culte de Baal qui lui donna trois enfants. Il l’a renvoyée(2,4) et ensuite il a marié une femme adultère avec laquelle il n’a pas eu de relation (ch3) Ces deux mariages auraient une valeur symbolique, le premier symbolise l’infidélité d’Israël envers Yahvé et l’autre l’exil. Comme le dit Wénin «la parole de Yahvé se dit en Osée. C'est-à-dire dans sa vie à partir du moment où Dieu lui parle pour l’inviter à un mariage, un geste symbolique qui sera le lieu d’où le Seigneur parlera en lui à Israël. La vie même d’Osée devient un symbole plus une sorte de prédication en acte ;

Deuxième solution : remariage avec la même femme, Gomer. L’enchaînement des événements serait alors comme suite : Osée aime une femme Gomer ; d’elle  il a trois enfants ; Gomer quitte son marie et se livre à la prostitution. Osée sur l’ordre de Yahvé va la reprendre ; Le symbolisme est alors le suivant : Yahvé aime Israël mais Israël quitte Yahvé pour le culte de Baal (le service des idoles souvent présenter sous forme de prostitution.). Yahvé, dans sa miséricorde continue pourtant à aimer son peuple et reprendra son peuple en le purifiant par l’exil.

Troisième solution : Deux récits parallèles, donc doublets.

Quelques textes particuliers

2,1-25 : Cet oracle a une valeur symbolique :

2,1-3 : oracle de salut qui ne semble pas à sa place après 1,9 ; certains ont même pensé que ce texte ne serait pas d’Osée. Selon Osty, ces versets seraient mieux placés après 3,5.

2,4-25 : un des plus beaux morceaux d’Osée. Ce n’est plus l’histoire du prophète, mais yahvé qui parle de ses relations avec Israël, réalité que le mariage d’Osée symbolise ;

Deux parties dans ces versets :vv 4-17 : le procès de Yahvé contre Israël infidèle ; Israël, l’épouse est l’accusée ; des témoins en charge sont convoqués. Quant à Yahvé, il joue un peu tous les rôles : accusateur, juge et réconciliateur .

Vv4-6 accusation officielle ; 7-9 : nouvelle accusation ; 10-15 : plainte ;

Vv18-25 : promesse de la nouvelle Alliance ; même thème : salut, grâce et bonheur : l’Alliance rompue est nouée à nouveau. -Vv18-19 : rétablissement de l’alliance sous l’image du mariage. –vv20 : conclusion d’une alliance ; un retour à la paix et sécurité. Harmonie retrouvée avec la création (cf. Gn9,8) ; il n’y aura plus de guerre. Paix dans la nature et paix entre les hommes. –vv21-22 : le mot clé des ces versets est, le verbe « fiancer» ; le fiancé est celui qui a déjà payé la dot ( 2S3,14) mais n’a pas encore pris la femme chez lui (Dt20,7) pour toujours ; le verset 21 est l’un des plus beaux de l’Ancien Testament.

Connaître Dieu c’est apprendre à connaître et à pratiquer les vertus fondamentales qui règlent la vie sociale et qui doivent aboutir à transformer, selon l’idéal deutéronomique, la société en une large fraternité. Vv23 : autres description du salut. Vv24 enchaînement de supplications qui seront exaucées ; on ira plus à Baal dans des cérémonies de supplications pour la fertilité, mais à yahvé. Vv25 : fécondité du peuple Elle implique l’assurance que Dieu implantera Israël à nouveau dans le pays de canaan.

Ces trois chapitres donnent comme en résumer le message d’Osée. Par une expérience vitale dans son mariage, Dieu lui fait comprendre le comportement de Dieu envers son peuple. Tout le reste du livre reprendra les grandes lignes de ces trois premiers chapitres. Israël a brisé l’alliance malgré l’amour de Yahvé pour lui et cela est exprimé avec les symboles de la prostitution et de l’infidélité. Yahvé interviendra pour punir ( éduquer) ; C’est le salut qui prédominera, le rétablissement les rapports de jadis, avec une sincère conversion.

 

Chapitre 4-14 : les oracles

Dans ces chapitres, il ne faut pas chercher une quelconque systématisation. Comme chez beaucoup de prophètes, l’expérience personnelle et les événements providentiels ont donné à Osée un meilleur sens du plan de Dieu. Nous parcourrons cette section de façon synthétique en suivant le genre littéraire du procès.

 

A Procès de Yahvé contre son peuple.

a) annonce du procès.

Le peuple ayant transgressé les stipulations de l’alliance, du décalogue(4,1-3) se verra de répondre au procès de Dieu. «  Ecoutez la parole de yahvé, enfant d’Israël car Yahvé est en procès avec les habitants du Pays : il n’ y a plus fidélité ni amour ni connaissance de Dieu dans le pays »(4,1). Les péchés dénoncés sont en référence au décalogue. Le prophète comme un veilleur ; cri d’alarme à l’approche de l’ennemi. Motif : l’alliance est rompue. Désormais l’ennemi d’Israël est Assour car il pratique de mauvais cultes : idolâtrie et débauche. De plus au niveau politique Israël ne s’occupe pas de son vrai chef qui est yahvé. Jéroboam érige un veau à Béthel et Dan ; c’est le péché originel du peuple d’Israël (8,5). Chaque nouvel autel devient une occasion de pécher à cause du mauvais culte qu’on  y pratiquait. « Quand Ephraïim a multiplié les autels, ces autels ne lui ont servi qu’à pécher ».(8,11)

 

b)les responsables de ces désordres (8,4 et 13,9-11)

Osée, comme Amos s’attaque surtout aux responsables du culte et de la politique mais aussi aux responsables religieux. Le prêtre n’a pas accompli son rôle d’actualiser l’alliance dans la vie du peuple. Dans le réquisitoire prophétique, on aime à énumérer les ingratitudes de l’accusé d’une façon symbolique. Osée aime à revenir sur des faits concrets, historiques qui montrent que l’histoire du peuple est en fait une série d’infidélités. Le péché du peuple n’est pas uniquement quelque chose de momentané. C’est la manifestation d’une tendance qui s’est montrée tout au long de l’histoire du peuple. Ce rappel historique couvre pratiquement toute la section 9,10-14,1.

 

B. le rappel de l’alliance : l’amour de Yahvé

Les manifestations de l’amour de yahvé dans l’histoire sont dues à la promesse faite à Abraham 2,1 «  le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer qu’on ne peut ni  mesurer ni compter , au lieu même où on leur disait vous n’êtes pas mon peuple, on leur dira : fils du Dieu vivant. » Osée utilise des images pour décrire l’amour du divin. D’abord les symboles liés au mariage. Ensuite, Yahvé Père d’Israël, guérisseur, pasteur et Israël le troupeau (13, et 4,16). Enfin Israël est la vigne de Dieu 2,14 et 9,10.

Osée utilise un vocabulaire d’amour négatif pour parler du péché (manque d’amour) : révolte (7,13) trahison(5,7) ; prostitution(1,2) ; trébucher(4,5) ; oublier (4,6) et un vocabulaire positif : justice, droit, tendresse, fidélité, vérité, connaissance, jalousie (« la jalousie est la protection de l’amour la réaction de qui sent planer une menace sur un lien qui lui est cher » (Gordon Clanton : sociologue américain).

 

C. Le châtiment :

Selon le prophète Yahvé a été témoin de l’ingratitude de son peuple et il interviendra pour le punir. Mais le châtiment de Dieu est de type médicinal, c’est dire qu’il a comme but la conversion et le retour du peuple à la fidélité à l’alliance. « venez, retournons vers Yahvé. Il a déchiré, il guérira ; il a frappé, il pensera nos plaies. »6,1

Voici les principaux texte :

-7,13-16 :ingratitude et châtiment d’Israël

-9,1-6 : tristesse de l’exil

-10,1-8 : destruction des emblèmes idolâtriques d’Israël

-10,13-15 : C’est fait !

-12,12 : nouvelles menaces.

-13,4-8 :châtiment de l’ingratitude.

-13,9-11 :fin de la royauté

-13,12-14,1 : la ruine inévitable.

-11,1-11 :Yahvé va venger son amour méconnu mais l’amour finira par l’emporter.

 

D. message de salut

Le salut conduit à une nouvelle alliance, le but du châtiment étant la conversion, la guérison. Le  verbe « Chuv :revenir » revient souvent chez le prophète Osée (2,9 ;3,5 ;6,1 ;). Le retour à la vérité de l’alliance est le but dernier de cette prédication. Yahvé demande une conversion sincère mais la conversion d’Israël ne l’est pas (6,4-6). Yahvé ne peut se contenter d’une litanie et de quelques sacrifices. Conversion trop superficielle. Yahvé appelle donc Israël à une conversion sincère. Si Israël accepte de faire pénitence il trouvera auprès de Dieu pardon et vie nouvelle. Ce texte de 14,2-9, ressemble à 6,1-6 ; la structure est celle d’une liturgie pénitentielle :

-Invitation du prophète à la pénitence vv2-3a.

-prière du peuple vv3b-4 :confession collective.

-réponse de Yahvé, pardon et promesse de bonheur.

14,10 est un épilogue ; cet- avertissement final est probablement une addition postérieure, une sorte de réflexion de style sapientiel.

 

IV. ACTUALISATION DU LIVRE D'OSEE

L'étude du livre du prophète Osée est pleine de quiétudes et d'inquiétudes. Ce livre nous parle de l'attitude du peuple d'Israël du au refus du message de Dieu. Ce peuple se voit envahir par l'ennemi et se trouve déporter. L'étude de ce livre tout comme tous les livres de l'Ancien Testament est précieux pour comprendre Jésus-Christ. Gomer, la femme prostituée du prophète est comparable de nos jours, dans notre monde moderne dominé par le développement technique et scientifique, à tous ceux qui s'éloignent des Saintes Ecritures en se livrant aux plaisirs charnels, aux richesses, en un mot, au matérialisme. En marge de tous ces comportements négationnistes envers Dieu, celui-ci est toujours prêt à faire miséricorde à quiconque se repent de tout son cœur.

 

 

 

CONCLUSION

Osée a certainement connu Amos auquel il a emprunté l’essentiel de son inspiration. En définitive les deux prophètes ont beaucoup en commun. Critique sévère de la conduite d’Israël, avec notamment la dénonciation de la violence, l’annonce d’un terrible malheur national. L’utilisation de formes d’expressions emprunté à la vie ordinaire. Osée innove cependant et surtout sur le plan théologique. Pour lui,l’essentiel est la fidélité à Yahvé comme seul Dieu d’Israël. Alors qu’Amos était surtout sensible à la relation humaine et au respect de tout homme, Osée met l’accent sur la relation avec Yahvé et les exigences qu’elle implique.

Par sa parole, le Seigneur se pose ainsi dans altérité, dans ce qui le distingue radicalement des baalim et de l’homme, et il réclame d’être reconnu comme un sujet qui appelle l’humain à devenir lui aussi sujet de son histoire. Après les violences de l’orage, entremêlé ça et là de quelques rayons de soleil, l’œil finit par se reposer sur la scène paisible dans laquelle le peuple, restauré par la grâce, aura retrouvé la communion avec son Dieu, sous le sceptre du Messie.

 



[1] Société biblique française, 1997

Par gyengani
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Lundi 15 juin 2009


La Bible ou le portable
 
Imaginez ce qui se passerait si nous traitions notre Bible
de la même manière que notre portable?
Toujours nous mettrions notre Bible dans le sac, à la
poche du pantalon ou de la veste.
Et nous y jetterions un coup d'½il plusieurs fois par
jours. Et nous reviendrions la chercher quand nous
l'aurions oublié à la maison ou au bureau..
Et nous l'utiliserions pour envoyer des messages à nos
amis.
Et si nous la traitions comme si on ne pouvait vivre sans elle?
Et si nous la offrions à nos enfant, pour leur sécurité,
et pour communiquer avec eux?
A la différence du portable, la Bible ne connaît pas de
panne de réseau.
On peut se « connecter » à elle n'importe où.
On n'a pas besoin de se préoccuper du crédit, car
Jéhovah a payé la facture et nous disposons d'un crédit
illimité.

Et par dessus tout: la communication ne peut être coupé,
et la batterie est chargé à vie.

Numéro d'urgence: Quand tu es triste, compose Jean 14

Quand tu es nerveux, compose Psaume 51

Quand tu es préoccupé, compose Matthieu 6:19,34

Quand tu es en danger, compose Psaume 91

Quand Dieu te paraît loin, compose Psaume 63

Quand ta foi doit être fortifiée, compose Hébreux 11

Quand tu es seul et terrifié, compose Psaume 23

Quand tu es dur et critique, compose 1 Corinthiens 13

Pour connaître le secret du bonheur, compose Colossiens
3:12-17
.
Quand tu veux paix et repos, compose Matthieu 11:25-30

RECOIS CETTE LISTE DE NUMEROS D'URGENCE ET PARTAGES LA
AVEC TES AMIS
Par gyengani
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Samedi 13 juin 2009

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Par gyengani
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Samedi 13 juin 2009

INTRODUCTION

 

            Partout dans le monde , le discours sur Dieu n’est pas chose rare. Les discours sont plutôt croissants et généralement les positions diffèrent les uns les autres. Toute approche à la question de Dieu diffère  selon qu’on soit scientifique, philosophes ou homme de foi. Chacun défini son Dieu ou l’existence de Dieu en fonction d’une expérience vécu pendant toute sa vie ou à une période momentanée de sa vie. Mais il n’est pas toujours aisé d’affirmer si Dieu existe ou non . Malgré tout on note deux positions toujours contradictoires. D’un coté l’existence de Dieu est chose acquise et très évidente tandis que de l’autre coté l’existence d’un être pareille n’est pas du tout certaine. Chacun de son coté se sert des arguments possibles pour justifier sa conviction. Même si leur raisonnement semble être inopérant, les athées tentent à démontrer que Dieu n’existe pas. Mais de grands philosophes de l’histoire ont aussi essayé de donner des preuves rationnelles de l’existence de Dieu. Cependant, avec la pensée critique d’Emmanuel Kant, l’on s’est rendu compte des limites inhérentes à la raison humaine qui ne peut appréhender que ce qui se présente aux sens. Dans ces conditions Dieu est une entité métaphysique qui échappe à l’intelligence humaine et ne saurait être objet de connaissance. Pourtant le problème même se trouve à ce niveau si on pense qu’en métaphysique on ne peut pas connaître. L’existence de Dieu n’est-elle pas démontrable par la raison naturelle de sorte quelle soit connaissable et connue avec certitude ? Bien que nous reconnaissions la grandeur de la pensée de Kant, n’est- il pas possible d’affirmer l’existence de Dieu pas la raison ? Dans la première  partie de notre travail, nous tenteront brièvement de définir les termes à savoir “l’existence”, “l’idée de Dieu”,ensuite dans la tentative d’une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu,nous éluciderons les différentes preuves connues ; enfin , sans nous livrer aux athées, nous terminerons par les limites de la raison humaine et les difficultés d’une connaissance et d’une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu.

 

I. ESSAI DE DEFINITIONS

 

      Existence :De façon brève le dictionnaire larousse défini l’existence comme étant le fait d’exister. Le mot « exister » lui-même signifie avoir une réalité. Selon le « cogito » de Descartes, la réalité de l’être se traduit par la pensée d’où sa phrase célèbre je pense donc je suis  En faisant rapidement un rapprochement de ce mot avec Dieu il apparaît que Dieu est un être nécessaire. Cependant son existence ne peut être au même titre que celui des êtres contingents car selon saint Thomas d’Aquin Dieu ne peut pas ne pas être. Mais qui est vraiment Dieu ? De quel Dieu parlons nous ?

      L’idée de Dieu : Au cours de l’histoire des hommes, il s’est développé pendant longtemps, différentes grandes conceptions de Dieu dont on retient quelques uns :

Nous avons d’abord les théistes traditionnels qui posent Dieu comme créateur du monde, nanti d’actions providentielles. Dieu est alors pour eux un être transcendant qui est extérieur et au dessus de l’univers qu’il domine. Il est traditionnellement source de toutes les valeurs.

Ensuite le panthéisme, qui contrairement au théistes qui situe Dieu dans sa transcendance , posent Dieu comme principe immanent à la nature. Dans cette conception et du point de vue de Spinoza, Dieu ne peut-être en dehors de la nature dans lesquelles il se manifeste. Dieu est tout, tout est en Dieu.

Puis vient la conception athéiste . L’athéisme est convaincu d’une part de l’incapacité de l’homme à prouver l’existence de Dieu et est conscient d’autre part des immenses potentialité dont dispose l’homme à résoudre ses problèmes. Pour cela l’athéisme nie l’existence de Dieu sans malheureusement pouvoir conférer à l’homme toute sa plénitude ni assouvir son besoin d’éternité. L’on se rend compte que ce n’est pas tant l’idée de Dieu que refuge les athées mais plutôt une certaine conception de Dieu puisse qu’elle ne manque pas de combler le vide de Dieu par, soit la matière, soit la liberté, la science ou autres choses.

Enfin l’agnosticisme et la religion de l’esprit : L’agnosticisme est une doctrine qui affirme qu’il est impossible à l’esprit humain de savoir si Dieu existe ou pas. L’homme ne peut pas affirmer ni infirmer son existence. Mais contrairement aux athées, les agnostique trouvent l’univers mystérieux. Quand à la religion de l’esprit, elle affirme Dieu dans l’esprit humain.

Nous venons ainsi de découvrir les grandes conceptions de Dieu. Dans la suite de notre travail, le Dieu dont nous parlerons restera toujours celui des théistes que les athées nient. Par conséquent notre devoir est de parler de Dieu en tant qu’être transcendant, créateur de l’univers et aussi comme fondement de toutes valeurs.

 

Il. TENTATIVE D’UNE DEMONSTRATION RATIONNELLE DE L’EXISTENCE DE DIEU(LES DIFFERENTES PREUVES CONNUES.

 

      Si certains philosophes, scientistes et rationalistes nient l’existence de Dieu il n’en demeure pas moins que plus d’un croyants estiment aussi que le discours sur Dieu ne peut-être révélé que par grâce. La doctrine chrétienne, en affirmant que le péché originel a certes altéré mais n’a pas aveuglé la raison humaine,rend possible une philosophie d’inspiration chrétienne, un discours sur Dieu. De ce fait, cette position de la doctrine chrétienne correspond à l’injonction de 1P3,15 « Soyez toujours prêt à vous défendre contre quiconque vous demande raison de l’expérience qui est en vous ». En effet, le premier concile du Vatican porte en partie sur le rapport foi - raison. Dans sa constitution dogmatique « Déis Filius » session du 27 avril 1870, le concile affirmait –clairement- la certitude avec laquelle la raison peut connaître. En outre il condamne une double hérésie : la première soutenue par Kant , ses disciples et les positivistes qui affirment que l’intelligence est incapable d’arriver à la connaissance de Dieu ; la seconde avec les traditionalistes les plus avancés qui considèrent que la raison n’est pas capable de connaître Dieu que si elle est éclairée au préalable par une révélation divine Le concile affirme alors la possibilité de connaître l’existence de Dieu à partir des choses créées. Ainsi, le concile vient confirmer les preuves de l’existence de Dieu que nous allons utiliser car ils nous permettent d’accéder à Dieu par la raison humaine. Il s’agira pour nous de partir des preuves de saint Thomas d’Aquin pour démontrer que l’existence de Dieu peut-être démontrée par la seule force de la raison humaine. Avec le Vatican I, on peut dire qu’on est arrivé à parler des preuves de l’existence de Dieu et à revaloriser les preuves de saint Thomas que Kant essayait de rejeter. Donc après Kant nous pouvons encore parler de preuves de l’existence de Dieu. C’est là une tentative de la raison humaine de nous donner des pistes afin de rendre compte de l’existence de Dieu.

 

II. 1. LA PREUVE DE L’EXISTENCE D’UN MODELE PARFAIT ET LA PREUVE DE LA BEAUTE NATURELLE

 

      Pour saint Thomas les choses sont hiérarchiquement ordonnées par ordre d’importance. Les unes sont bonnes, les autres très bonnes, les autres superlativement bonnes. Cependant on ne peut qualifier une chose qu’en se référant à une qualité supérieure, souveraine et absolue. On peut dire qu’il en est de même de la vérité des choses. Les unes sont plus vraies que les autres. Sur cette base on peut déduire qu’il y a quelque chose qui est au plus haut point qui est Dieu. Dieu serait alors cet être transcendantale parfait.

      A cela s’ajoute la preuve de la beauté naturelle qui soutient qu’il y a de l’ordre dans le monde. Cet argument est la cinquième preuve de saint Thomas d’Aquin. Il y a de l’harmonie dans le monde si bien qu’on voit qu’il doit y avoir un ordonnateur.  Et saint Thomas dit : « il faut donc que quelqu’un dont la providence gouverne le monde soit. Et nous l’appelons Dieu » Le monde ici est considéré comme une machine, et on peut dire que l’agencement harmonieux des parties entre elles prouve l’existence d’un artiste parfait qui est Dieu.  

      Pour terminer, pour saint thomas et pour l’Eglise, on peut bien parler de preuve de l’existence de Dieu. La raison humaine peut bien démontrer l’existence de Dieu. Outres ces preuve , la Bible nous rend bien compte de l’existence de Dieu. Dt34,10 « Lui que Yahvé connaissait face à face ». De plus notons que l’œuvre de la raison est bonne, saine et importante, car elle prouve que laissé à elle-même, la philosophie peut établir avec certitude l’existence de ce premier être que tous nomme Dieu.»

 

II. 2. L’ARGUMENT DU PREMIER MOTEUR ET LA PREUVE PAR LA CAUSE EFFISCIENTE.

 

      L’argument du premier moteur est la preuve selon laquelle tout ce qui meut est mû par quelque chose ; ce moteur est à son tour mû par quelque chose d’autre mais cette chaîne de moteurs peut aller à l’infini sinon les mouvements n’auraient pu commencer ; par conséquent il doit y avoir un premier moteur causant le mouvement en toute chose sans être lui-même mû ; ce moteur non mû est ce que le sens commun appelle Dieu. Elle suppose que dans le monde il y a du mouvement, or tout mouvement suppose un être en puissance et l’être en acte est la cause du mouvement. Or lui-même était en puissance avant de passer à l’acte. Saint Thomas affirme : « Or on ne peut ainsi continuer à l’infini , dans ce cas il n’y aurait pas de moteur premier, et il s’en suivrait qu’il n’ y a pas non plus d’autres moteurs car les moteurs seconds ne meuvent que selon qu’ils sont mûs par le moteur premier, comme le bâton ne meut que s’il est mû par la main ». Alors saint Thomas trouve qu’il est nécessaire de parvenir à un moteur premier qui ne soit pas cause d’un autre, et un tel être dit-il tout le monde comprend que c’est Dieu. Pour lui cette preuve par le mouvement est la plus manifeste et la plus lumineuse.

      Quand à la cause efficiente, elle renvoie à l’agent qui crée la chose. Si on prend une série des causes efficientes, il faut aussi admettre une cause efficiente première. Dans la même logique que l’argument précédent saint Thomas affirme que puisqu’il y  a de l’ordre dans les causes efficientes, on ne peut admettre la régression à l’infini car alors on ne peut concevoir ni des efficientes intermédiaires, ni des effets derniers. Il faut nécessairement qu’il existe une cause efficiente première que tous appellent Dieu.

 

II. 3. LA PREUVE PAR LA CONTINGENCE OU PAR LE NECESSAIRE.

 

      Cette preuve est la troisième voie que saint thomas utilise pour démontrer les preuves de l’existence de Dieu : les choses individuelles viennent à l’existence et cesse d’exister ; par conséquent aucune d’elles n’existait mais quelques chose vient à l’existence seulement comme le résultat de quelque chose d’autre qui existe déjà ; par conséquent il doit y avoir un être dont l’existence est nécessaire. Cette preuve part d’un constat selon lequel dans le monde il y a de la contingence. La contingence signifie en effet qu’un être pouvait ne pas être. Le contingent renvoie donc à ce qui, à un moment donné n’existe pas. Si tout est contingent on doit supposer qu’au départ rien n’a existé. Mais cela est absurde car par essence ce qui est contingent ne peut pas se produire lui-même. On comprend donc qu’il faut l’existence d’un être nécessaire par lui-même, qui ne tire pas sa nécessité d’ailleurs mais qui est cause de la nécessité que l’on trouve hors de lui. En effet, le monde dépend nécessairement d’un autre être dans son existence, car il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles même le fondement de leur nécessité. Il faut donc, pour leur donner ce fondement, un être par lui-même nécessaire. Il y a donc un être intelligent par lequel tout est ordonné à sa fin. C’est cet être nécessaire que tous appelle Dieu.

 

 

III. LES LIMITES DE LA RAISON HUMAINE ET LES DIFFICULTES D’UNE DEMONSTRATION RATIONNELLE

 

III. 1. ARGUMENT DE EMMENUEL KANT

 

      Emmanuel Kant souligne une impossibilité de connaître Dieu par la raison pure. Pour lui, toute connaissance de Dieu par la raison pure serait une démarche difficile. Dans le cadre de la connaissance de Dieu, le sujet est présent mais il manque l’objet de connaissance, car en effet Dieu sort du cadre de l’expérience. Kant est bien conscient que la raison humaine se livre naturellement parfois à chercher le fondement de toute chose et formule nécessairement l’idée de la réalité absolue. Toute cause qui peut être donnée dans l’expérience  ramène à son tour la même question. Mais pour lui on ne peut démontrer rationnellement l’existence d’un tel être. La raison spéculative est incapable de donner des preuves certaines de l’existence de Dieu. Se livrer à une telle préoccupation serait vaine.

 

III. 2. LES LIMITES DE LA CONCEPTION KANTIENNE.

 

      La grandeur de la pensée de Kant n’est plus à prouver. Cependant il est limité dans la mesure où il n’arrive pas à conclure sur un point ses propos. En effet Kant a adopté deux approches sur la démonstration rationnelle de l’existence de Dieu. Premièrement il démontre l’impossibilité de connaître Dieu par la raison pure. Pour plus, après avoir affirmé que Dieu n’est pas connaissable par la raison théorique (raison pure), Kant soutient que l’existence de Dieu peut être admise comme postulat de la raison pratique. Kant  semble se contredire à ce niveau. Le problème est qu’il n’est pas arrivé, avant de mourir , à joindre les deux approches. Cela constitue une des limites de la raison humaine et des difficultés d’une démonstration rationnelle. Emmanuel Kant n’est pas le seul à tomber dans une telle erreur. Bien d’autres penseurs à l’instar de Kant ont failli dans leur tentative de démonstration rationnelle de l’existence de Dieu. Il y a les fidéistes, les panthéistes et les traditionalistes, la liste est longue.

 

CONCLUSION

 

      Nous sommes au terme de notre recherche porté sur la démonstration rationnelle de l’existence de Dieu . Le problème de l’existence de Dieu est toujours à l’ordre du jour mais les convictions sont partagées ça et là. Dans notre travail, il nous incombait de démontrer la possibilité d’une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu. Beaucoup de penseurs comme Descartes, saint Anselme et surtout saint thomas sur qui nous nous sommes beaucoup inspirés, soutiennent la possibilité d’une démonstration rationnelle de l’existence de Dieu. Cependant, des philosophes, à l’instar de Emmanuel Kant, ne partagent pas le même point de vu que les croyants. Kant met en cause l’existence de Dieu. Il affirme que la raison pure ne peut rendre compte de l’existence de Dieu ; il pense résoudre ce problème avec la raison pratique. En dépit de tout cela, il faut distinguer deux problèmes sans cesse confondus dans la discussion : l’existence de Dieu est-elle démontrable par la raison naturelle de sorte quelle soit connaissable et connue avec certitude ? Dans notre recherche nous avons trouvé que la réponse est oui sans aucun doute. Cependant, il reste à s’assurer si chaque homme peut tenir sa raison naturelle pour infaillible dans son effort de démontrer rationnellement si Dieu existe. Tout compte fait, nous devons savoir que s’il y a des démonstrations rationnelles qui permettent de savoir avec certitude que Dieu existe, cela est fait avec de bonnes raisons. Mais la certitude la foi qui se fonde sur l’infaillibilité de la parole de Dieu n’est-elle pas infiniment plus solide que celle de toute connaissance acquise par la seule raison naturelle si évidente soit-elle ? Il est vrai que dans l’encyclopédie humani generis du 12 août 1950 au n°38 le pape Pie XII a bien affirmé la possibilité de démontrer rationnellement l’existence de Dieu : « on sait dit le pape, combien l’Eglise estime la raison humaine dans le pouvoir qu’elle a de démontrer avec certitude l’existence d’un Dieu personnel, de prouver victorieusement par les signes divins les fondements de la foi chrétienne elle-même, d’exprimer exactement la loi que le créateur a inscrite dans l’âme humaine et enfin de parvenir à une certitude intelligence des mystères, qui  nous est très fructueuses ». Mais est-ce pour autant que la raison soit le seul et le meilleur moyen pour démontrer l’existence de Dieu ? La raison et la foi comme le dit autrement Pascal ne sont-ils pas deux démarches complémentaires dans la démonstration de l’existence de Dieu ?

Etienne Gilson de l’académie française, introduction à la philosophie chrétienne, Paris librairie philosophique J. VRIN6, Place de la Sorbonne, Vè, 1960.

Arnaud Guy AGBOSSAGA, Théodicée, cours à l’usage des étudiants, Maison Lavigerie, Ouagadougou, Année académique 2008-2009, p.54-55.

Arnaud Guy AGBOSSAGA ? Théodicée, cours à l’usage des étudiants, Maison Lavigerie, Ouagadougou, Année académique 2008-2009, p.79.

Etienne Gilson de l’académie française, introduction à la philosophie chrétienne, Paris librairie philosophique J. VRIN6, Place de la Sorbonne, Vè, 1960.

Arnaud Guy AGBOSSAGA ? Théodicée, cours à l’usage des étudiants, Maison Lavigerie, Ouagadougou, Année académique 2008-2009, p.78.

Kant Emmanuel, Critique de la raison pure, dir, Pae Ferdinand Alquié et trd. Par Alexandre J-L. Delamare et François Marty, Gallimard, 1980.

Kant Emmanuel,Critque de la raison pratique, présentation et traduction par Jean-Pierre Fussler, Flammarion, Paris, 2003.

Pie XII, humani generis, in Arnaud Guy AGBOSSAGA ? Théodicée, cours à l’usage des étudiants, Maison Lavigerie, Ouagadougou, Année académique 2008-2009, p.56.

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